2012/11/09

HKH n°8 : Fichtre, tant ardu est le sentier !

Hier (je dis hier bien que j'écrive l'article en étant encore hier et je devrais donc dire aujourd'hui ; mais vous le lisez seulement aujourd'hui donc l'aujourd'hui d'hier devient l'hier d'aujourd'hui : et oui, je suis privilégié, je lis tous les articles de ce blog avant vous), je suis allé courir... Je n'ai pas couru longtemps parce que le manque d'habitude et le riz à n'en plus finir, ça n'aide que peu à se déplacer avec une prompte aisance, surtout dans des montées qui montent*. Essayez de courir en ressemblant à Big Bouddha (les présentations seront pour plus tard) ! Alors j'ai fini en marchant (en marchant vite, j'ai un peu d'honneur, voyons !), mais c'était déjà balèze.

Il y avait des escaliers qui montaient :


Puis ces mêmes escaliers en descendant :


Heureusement, des terrains plats -avec tournant- (parce que les deux photos que vous voyez ça doit représenter seulement 20% de tous les escaliers hyper-raides que je me suis fait) :


Et puis aussi d'autres terrains plats et sans tournant -mais avec obscurité au bout- :


Des zolis p'tites fleurs rouges :


Et re- des escaliers, mais entre deux grilles tellement rapprochées que l'étroit corridor ainsi formé revêtait un sinistre aspect carcéral (et même sans être Big Bouddha, c'est vraiment étroit) :


Finalement : VICTOIRE !!!!


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Dites-moi que vous l'avez vue arriver ! Hein, vous l'avez vue arriver la métaphore ? Je n'ai pas posté des photos d'escaliers et de chemins juste comme ça, pour le plaisir : ça n'aurait pas grand intérêt.

A mon avis, j'ai à peine besoin de l'expliquer. Un itinéraire aussi varié est clairement le symbole du chemin de notre vie d'une part, de notre foi d'autre part, si tant est qu'on puisse les séparer.

GOOOOOOOOOO !!

Plein d'entrain, on s'élance dans une course folle, prêts à franchir monts et vallées de ce pas virevoltant. Partant comme un courant d'air, le souffle vient à faire défaut. Ce n'est pas le moral qui nous manque, mais le chemin grimpe un peu et le corps ne peut fournir autant qu'on le veut. Le mont nous rattrape. Il suffit alors, avec un peu de réalisme, de se mettre à marcher si on veut parvenir au sommet, que ce soit d'un pas rapide ou normal.
  • Il en est parfois ainsi : on a des projets plein la tête et mille-z-idées pour les réaliser. La réalité de la vie nous oblige parfois, si ce n'est à changer nos projets, au moins à revoir la façon dont nous voulions les accomplir. Certains diraient que c'est l'injustice de la vie qui veut ça. Peut-être est-ce simplement un appel à ralentir pour ne pas passer trop vite à côté des beautés du paysage. Qui ne fait que courir n'a pas le temps de contempler ce qui l'entoure. Alors, sans désespérer, continue de marcher, vise ton objectif et, en prime, reçois ce que la vie, ou (inclusif) Dieu, veut te donner.

Parvenu aux escaliers, le défi ne rebute pas : les muscles sont échauffés, le souffle est à peu près récupéré. Plein d'une volonté ferme, on attaque les escaliers d'une lancée rapide. Le faire d'une traite semble la meilleure solution pour ne pas peser trop dans les mollets. Les foulées s'enchaînent et les pointes des pieds ne font qu'effleurer la pierre des multiples marches. Là encore, c'est un échec car tout ne s'est pas passé comme on a voulu. Il faut finir en s'accrochant péniblement à la rampe et en tirant le poids fatigué que ne supportent qu'à grand-peine les cuisses. Pourtant, les douleurs d'autant plus fortes rendent la victoire d'autant plus savoureuse.
Si ce n'est qu'une autre volée de marche sans fin se présente...
  • Les étapes de notre vie et/ou de notre parcours de foi nous renforcent. On se sent plus à même d'affronter des difficultés de plus en plus grandes. Pourtant, là encore, on s'attaque parfois à plus fort que soi. Chaque pas est un calvaire. Cette ascension est-elle vraiment nécessaire ? Est-ce que le sommet en vaut vraiment le coup ? Dans le doute, il vaut peut-être mieux que je redescende, je vivais très bien avant sans être monté sur cette fichue colline. J'arrête, je continue, j'arrête, je continue, j'arrête !! Oh et puis non je continue ! Il y a des difficultés dont on se tire à peine capable de continuer et qui semblent recommencer : deuxième volée de marche et je suis sur les rotules. Mais commencer par savourer la victoire déjà acquise, le progrès fait sans se lamenter permettent de continuer. Car l'action de grâce, même au coeur des peines et souffrances, est l'acceptation de l'Esprit qui nous est donné, surtout au coeur des peines et des souffrances.

Là-haut, le repos. On y planterait bien une tente mais l'heure tourne, il se fait tard et déjà le soir baisse.
Le chemin fait en sens inverse paraît rapide, plus court. Les marches défilent à toutes vitesses emmenant la pesanteur de notre être vers le niveau de la mer.
  • Bon, là, on atteint le moment de bonheur et de contemplation des hauteurs, des sommets de joie spirituelle "I believe I can flyyyyyy !". Et puis la descente est tellement facile, c'en est presque frustrant... On ne peut pas s'éterniser sur les hauteurs, car comment en parler aux autres ? Le bonheur ne se vit jamais seul.

Tiens, un autre chemin ! Plus discret, plus sombre, plus sauvage, mais plus naturel.
Les chants des oiseaux se mêlent à la présence bourdonnantes d'agressifs moustiques. Chaque tournant dissimule peut-être quelque chose comme d'autres escaliers, ou un arbre en travers du chemin, que sais-je encore ?
  • Certains quittent la grand-route par erreur, d'autres parce qu'ils y sont appelés : prendre des chemins plus discrets n'est pas réservé à tout le monde. Tous se retrouveront au dernier jour, mais tous n'auront pas pris le même chemin. Je dirais même plus, diraient les Dupondt, chacun aura pris un chemin différent. Mais l'inconnu possède un côté angoissant : le beau se mêle au terrible, le doux à l'aigre, le bon au mauvais, le bon grain à l'ivraie. Il faut parfois redoubler d'efforts pour franchir chaque tournant, chaque obstacle. Mais si tel est notre chemin, aussi dur soit-il, n'est-ce pas pour autant la promesse du meilleur pour nous ? Chaque coin de ciel bleu nous rappelle à cette vérité, que nous sommes prompts à oublier au milieu d'une végétation luxuriante.

Non, seulement une longue ligne droite se perdant dans l'obscurité végétale au loin. Au milieu de cette flore sauvage, quelques fleurs attirent l'oeil comme un havre de paix au milieu de la monotonie verdâtre.
Les derniers escaliers : sinistres, glauques, sans fin... Etroits, étouffants, grillagés... Sales, abîmés, isolés.
Mais débouchant sur la fin d'un périple. Cri de victoire de ce morceau de mur "Je suis simplement le roi"
  • Dans les ténèbres, il suffit d'une touche de couleur pour redonner la vie à nos forces. Pourquoi se dire "C'était mieux avant" quand il est évident que ce sera infiniment mieux après ? Pas nécessairement dans l'après immédiat, mais dans l'Après. Car oui, celui qui nous guide par des sentiers qu'on ignore, c'est lui qui, tout simplement, est notre Roi. "Bienheureux les invités au festin des Noces de l'Agneau"


*Notez l'effet de style pour marquer la raideur

2 commentaires:

Cédric a dit…

Moi je veux voir les photos de Big Bouddha!

Côme de Jenlis a dit…

Elles arrivent, elles arrivent :)