2012/08/25

Première mission

Cela fait désormais un peu plus de trois semaines que je suis à Hong Kong et ma première mission a commencé depuis déjà deux semaines.

Lever avec le soleil, le temps d'un changement de bus, de prier les Laudes pendant le trajet, et me voici chez les Petites Soeurs des Pauvres.

1er choc : arrivant pour servir et me rendre utile, je dois commencer par m'asseoir pour avaler le copieux petit déjeuner que m'offre les Soeurs. Savoir recevoir...
2e choc : on a beau s'y attendre, le moment arrive où, réellement, le petit déjeuner ne correspond plus aux standards européens et français. Savoir s'adapter...

Après cela commence vraiment les choses sérieuses : il s'agit de nourrir les personnes, de les raser, les aider à faire leurs exercices, faire le ménage, collecter les poubelles, etc.
Bref, se mettre au service de la communauté.

Se mettre au service, c'est se souvenir qu'on est inutile. Le staff vit et agit sans nous avant, il en fait de même après le départ du volontaire. Notre utilité et notre présence dépendent de ceux qui accueillent. Être volontaire, c'est alors apprendre à tout recevoir de l'autre : on a aucun droit à rester, à être nourri, à aider.

On a seulement l'amour : celui qu'on essaye de donner, et celui qu'on reçoit, infiniment plus grand ; celui qu'on apprend à donner en se donnant soi-même, et celui qu'on vous octroie en recevant le don que vous faites et en lui procurant toute sa valeur.

Car, que signifie se donner si on s'impose ? Un don n'est valable que s'il est librement accueilli. Or les Petites Soeurs des Pauvres et les personnes âgées m'ont accueilli plus que je ne l'aurais jamais imaginé. Je n'ai finalement apporté que l'emballage, et en si peu de temps, elles ont fait le paquet et ont commencé à le remplir.

En Chine, un séminariste, qu'il soit religieux ou diocésain, est appelé "Brother". Si je suis frère, elles sont mes soeurs. Si elles sont mes soeurs, c'est que je suis Pauvre...

2012/08/16

2012/08/07

En toute objectivité...

Lippo One et Lippo Two (Ne commencez pas à rire, c'est bien ainsi qu'elle s'appelle) ne sont pas des jumelles hors pair. A travers elles, vous voyez le reflet de ce que semble être Hong Kong : une jungle de buildings, tout de verre et d'acier, et certaines, d'acier bien trempé. Qu'ont-ils d'extraordinaires ces mastodontes pour mériter un article ? Mis à part leur design, pas grand-chose. Cependant, où qu'on soit, ils sont le rappel de cette urbanisation massive, de cette population immense et grouillante, de l'intense et brûlante activité d'Hong Kong qui, de jour ou de nuit, ne cesse de vivre, paraît éternelle tant jamais elle ne s'éteint. Car alors que paraît s'estomper la grisaille diurne dans l'obscurité croissante, les innombrables tours se mettent à scintiller de mille feux, pour la joie des touristes qui, de hauteur en hauteur, croient observer un ciel étoilé, éclairant les moindres recoins d'une métropole qui n'en manque pourtant pas. Jamais ne s'interrompt cette pesanteur de l'air oppressant, même lorsqu'à la faveur de la nuit, les climatiseurs demeurent la seule source de fraîcheur que l'on pourra espérer. Assoiffé par la pollution des interminables files de véhicules, jamais ne se taisant, heureux celui qui saura trouver une once de quiétude pour reposer ses oreilles abasourdies et laver les moiteurs de son front blême.